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Mission 2019 – Newsletter n°5 : L’Artemisia en balade

Cette 2èmesemaine débute par un séjour touristique au sud-est de Dakar, dans la réserve de Bandia. Créée en 1990, il s’agit de la 1èreréserve privée du Sénégal, s’étendant sur 3500 ha. Nous avons pu y admirer de nombreux oiseaux, des girafes, des gazelles, des élans de Derby, des antilopes, des zèbres, des phacochères, des autruches, des crocodiles….Nous avons également croisé deux rhinocéros, qui nous ont semblé quelque peu mal en point, d’autant plus que leurs cornes avaient été coupées pour éviter toute tentative de braconnage. Le Sénégal étant une ancienne terre animiste, nous nous sommes également arrêtées devant un baobab millénaire renfermant les ossements d’anciens griots. Cette journée nous a permis de retrouver la végétation et les grands espaces qui nous manquaient tant en ville !

Le 3 août, nous reprenons les formations, direction Rufisque cette fois, et plus précisément le quartier de Gorom 2 ! La journée s’avère quelque peu difficile car nous découvrons que plus de trente personnes se sont déplacées pour venir assister à la formation (nous formations se limitent habituellement à 15-20 personnes). Malgré des problèmes d’espace et de matériel, nous faisons de notre mieux pour échanger sur l’Artemisia annua, et la journée se termine très joyeusement grâce à l’arrivée de musiciens armés du Xalam, un instrument local à cordes. Grâce à eux, nous découvrons la danse traditionnelle des Peuls, une des nombreuses ethnies sénégalaises.

Xalam

 

Le 04/08, suivant les conseils de nos comparses de juillet, nous nous rendons dans les îles du Sine Saloum, célèbres pour leur grande biodiversité. À bord de notre belle pirogue, nous avons pu apprécier les mangroves et les nombreux oiseaux de ce parc national où faune et flore sont encore préservées. Au cœur du delta du Sine Saloum, nous nous sommes arrêtées sur l’île de Mar Lodj, où un enfant de 14 ans, étonnant de maturité, nous a fait découvrir l’histoire de son village. Ses habitants, les Sérères, cohabitent paisiblement depuis que les trois religions – christianisme, islam et animisme – se sont reconciliées. Cela est symbolisé par l’entrelacement des trois arbres sacrés de l’île : le fromager, le ronier et le caïlcedrat. Notre guide exceptionnel nous a aussi initié aux secrets du tam-tam téléphonique, naguère utilisé pour communiquer à travers le village…

 

 

 

 

 

 

 

 

De retour à Dakar, nos trois mousquetaires, accompagnés de leur indispensable d’Artagnan (aka Aminata) se rendent à Sicap Mbao pour une 4èmeformation. Ce sont 15 personnes qui sont cette fois formées à la Maison des femmes du quartier. Déjà bien organisées, elles possèdent un jardin urbain sur le toit de leur bâtiment, qui accueillera bientôt des bébés Artemisia ! De plus, une des apprenantes est une spécialiste des savons qu’elle fabrique à partir d’aliments très divers (banane, citron…et même carotte !) et nous échangeons avec elle sur les différentes recettes possibles. Une rencontre très riche donc, et nous espérons qu’elles mettront bientôt l’Artemisia au cœur de leurs activités !

 

 

 

 

 

 

Le lendemain, dans l’après-midi du 6 août, nous prenons la chaloupe direction Gorée, l’île de 1 100 habitants située dans la baie de Dakar. L’île est un des lieux symboliques pour la mémoire de la traite négrière en Afrique, et nous ne manquons pas de visiter la Maison des esclaves. Nous nous rendons ensuite à l’association Gorée Héritage où une formation a été menée le 21 juillet dernier. Les semences n’ont malheureusement pas germé chez les apprenantes que nous rencontrons, aussi nous semons une nouvelle variété de graines avec elles, les Kokopelli qui nous avaient étonné par leur forte fertilité à l’Empire des enfants. Toutefois, plusieurs apprenants nous parlent des bienfaits du baume à base d’Artemisia qui avait été fait avec l’équipe de juillet, et qui semble leur avoir soigné différents problèmes de peau !!

Le 7 août, nous changeons de public avec une formation à 100% masculine à Yeumbeul, située à une vingtaine de kilomètres de Dakar. Ces jeunes hommes ont récemment créé un centre d’activités pour redynamiser leur quartier et promouvoir la protection de l’environnement. L’Artemisia annua est particulièrement bien accueillie, d’autant plus que sa culture et sa transformation peuvent devenir d’importants leviers pour créer du lien social. Nous repartons très contentes de cet échange, malgré le fait que la voiture de notre cher taximan Ioussou fasse encore des siennes et que, bloquée en marche arrière, elle nous oblige à avoir recours à un des nombreux mécanos du coin.

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